| jeudi 13 octobre 2011, a 15:09 |
| LE VIN DES MAURES A LA VAGUE DES LIVRES |
Samedi 17 et dimanche 18 mars 2012
à l'Atelier Villefranche sur Saône
Dédicaces à la Vague des Livres de Villefranche sur Saône
sur le stand de la Librairie des Marais
A cette occasion, je présenterai mon dernier polar humoristique :
LE VIN DES MAURES éd. Presses du Midi |
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| mercredi 26 janvier 2011, a 14:13 |
| SAVOUREUSE DEDICACE |
Sylvie Callet dédicacera ses deux derniers livres (polars "humoureux")
Un Petit Jaune et Moulin à Vent
éd. Les Presses du Midi
au Salon des vins et saveurs gourmandes
de Trévoux, Ain (salle des fêtes)
Stand Librairie des Marais
Le dimanche 6 février de 10 h à 19 h |
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| mercredi 01 décembre 2010, a 13:32 |
| SIGNATURE A LA LIBRAIRIE DES MARAIS |
LE "POLAR NOUVEAU" EST ARRIVE
Vendredi 17 décembre 2010
SEANCE DE SIGNATURE 16h30 à 19 h - Librairie des Marais - 17 place des Marais - Villefranche, Beaujolais Tel. 04 74 07 85 73 @ : librairie-boutiquedesmarais@orange.fr
Quatrième de couverture de Moulin à vent
Jo, le héros un peu bouffon un peu désabusé mais tellement humain de Un Petit Jaune, se voit contraint de quitter son cabanon méditerranéen pour aller résoudre une sombre affaire familiale dans le Beaujolais. Entre amitiés vinicoles, poésie revisitée et grincements de dents, notre « intermiteux » du spectacle, promu une nouvelle fois détective, va passer de surprise en surprise et se prendre les pieds dans le tapis d'un château hanté... par de drôles d'oiseaux.
Dans ce polar humoristique, Sylvie Callet épingle avec une férocité réjouissante et une verve débridée qui allie dans un joyeux pêle-mêle langage fleuri, vocabulaire châtié, argot et patois local, les mille et un travers de la (bonne) société : mensonge, hypocrisie, chantage, trahison… Le héros de Moulin à vent n'épargne rien ni personne, à commencer par lui-même. Âmes sensibles s'abstenir !
Des chroniques sur Moulin à Vent sont accessibles sur http://www.atout-ecriture.fr rubrique "Bibliographie" |
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| jeudi 04 novembre 2010, a 11:24 |
| DEDICACE "POLAR NOUVEAU" ET DEGUSTATION BEAUJOLAIS |
SEANCE DE DEDICACE avec lecture d'extraits par la comédienne Emmanuelle Della Schiava
et dégustation de vin de MOULIN A VENT Polar - Sylvie Callet - éd. Presses du Midi
SAMEDI 20 NOVEMBRE 2011 16 h à 19 h - Librairie "Rêvalire" - Liergues, Beaujolais
Participation au SALON DU LIVRE de Chazay d'Azergues samedi 13 novembre 2010 Parrain : Pierre Bonte
Quatrième de couverture de Moulin à vent sur http://www.atout-ecriture.fr rubrique "Mon actu" |
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| vendredi 10 septembre 2010, a 16:46 |
| RENCONTRES AUTOUR DU LIVRE |
SALON DU LIVRE
Vendredi 17 septembre 2010 de 18h30 à 20h30 : présentation, échange autour des 5 ouvrages écrits par Sylvie Callet à la médiathèque de Saint-Denis-les-Bourg. Site : http://bib-stdenislesbourg.dnsalias.net
Samedi 9 et dimanche 10 octobre 2010 : participation au Festival du Livre de Saillans (Drôme) "Anguille sous roche" sous le thème "Elles broient du noir". Plus de détails sur http://www.lesamisdelalecture.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=49&Itemid=11
Retrouvez la bibliographie de Sylvie Callet sur http://www.atout-ecriture.fr |
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| vendredi 10 septembre 2010, a 16:42 |
| ECRITURE & PAPYRUS VOUS INVITE A SON |
Pot d'accueil Jeudi 16 septembre 2010 de 18h30 à 22 h Entrée libre
Le Papyrus 102 rue Lamartine 69400 VILLEFRANCHE SUR SAONE (derrière la gare, à 35 km de Lyon et Mâcon)
saison 2010 - 2011 classement thématique*
Pot d'accueil au Papyrus Jeudi 16 septembre 2010 de 18h30 à 22 h
Cette année, nous développerons trois axes : 1 - l'écriture créative (ateliers et stages d'écriture "simples", à thème, ou en binôme avec d'autres activités artistiques ou de loisir) ; 2 - le développement personnel (stages) ; 3 - la rencontre et l'échange pour tous (entrée libre et gratuite pour adhérents ou adhésion annuelle de 5 euros).
1- ATELIERS ET STAGES D'ECRITURE CREATIVE
L'atelier d'écriture régulier "tous azimuts" (soirée) 1 mardi soir par mois de septembre 2010 à juin 2011

L'atelier découverte "autobio"(après-midi) mardi 21 septembre 2010

L'atelier d'écriture régulier "autobio"(après-midi) 1 mardi après-midi par mois d'octobre 2010 à mai 2011

Les stages "Ecriture & Théâtre" (week-end) 4 et 5 décembre 2010 - La musique des mots 14 et 15 mai 2011 - Les voix gourmandes
Stage "Ecrire une nouvelle érotique" (soirée) 5 novembre 2010

Stage d'écriture sur la "Correspondance" (journée) 29 janvier 2011

Stage écriture et balade dans le Midi de la France (3 jours) "Marine et collines" 23, 24 et 25 avril 2011
Stage initiation au roman + suivi (4 jours + 1 jour + 1 jour) 4, 5, 6 et 7 juillet 2011 1er octobre 2011 11 décembre 2011

2 - ATELIERS ET STAGES DE DEVELOPPEMENT PERSONNEL
Astrologie humaniste (stage 1 jour) 23 octobre 2010

Ecriture et Psychogénéalogie (stages 2 jours ou week-end)
"Le Deuil" 19 et 20 novembre 2010

"Où est ma place ? " 5 et 6 février 2011
"Aïe mes kilos ! " 16 et 17 avril 2011

"Amour toujours" 2 et 3 juillet 2011

Journées de psychogénéalogie (stages 1 jour) 8 décembre 2010 19 janvier 2010 20 avril 2010

Printemps et Renaissance (stage 1 jour) 26 mars 2011

3 - ECHANGE ET RENCONTRE
Table Ouverte "5 mn chrono" (soirée) 7 octobre 2010 10 février 2011 19 mai 2011

Crousti'Lecture au Blablathé (soirée) 2 décembre 2010 (l'impertinence)
 17 mars 2011 (la femme dans tous ses états)
 21 avril 2011 (personnages de polars et de romans noirs)

Conférences (soirée)
"Comment gérer son stress et garder sa vitalité" 30 novembre 2010

"A la découverte de son nombre magique " 24 mai 2011

Imprimez ici le formulaire d'inscription aux ateliers |
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| samedi 12 septembre 2009, a 14:08 |
| UN PETIT JAUNE - Critiques / Extraits |
Retrouvez des extraits de "Un petit jaune" sur http://un-petit-jaune.over-blog.com
polar - ed. Les Presses du Midi - disponible sur Amazon.fr et chez Decitre, à Lyon - http://www.decitre.fr/livres/Un-Petit-Jaune.aspx/9782812700828, sur http://www.bibliosurf.com et sur http://sauramps.com
Retrouvez plusieurs critique de ce livre sur http://www.bibliosurf.com/Un-petit-jaune
http://www.rayonpolar.com et sur http://action-suspense.over-blog.com/article-sylvie-callet-un-petit-jaune--38262195.html
Quatrième de couverture :
Jo, grand collectionneur de grimaces et charmeur patenté, vit de siestes et d'eau de mer dans la propriété toulonnaise de son amie Flo. Mais le meurtre d'une de ses conquêtes va venir rompre cette belle harmonie. En endossant l'habit de détective, l'homme ignore dans quel guêpier il se fourre. « Un sacré pastis ! » comme dirait son ami Bèbe.
Entre dérision et humour, Sylvie Callet, écrivain originaire du Var, nous guide sur les chemins tortueux que Jo, héros atypique, ne manque pas d'emprunter. Une chose est certaine : qu'ils soient de blues, de sang, de théâtre, du sort ou du lapin, dans Un petit jaune, tous les coups sont permis. Et ce n'est pas le voisinage d'une adorable fliquette qui va changer la donne !
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| vendredi 22 août 2008, a 10:45 |
| LES MOTS DERRIERE LES MURS |
De la lecture, des mineurs et de la prison
par Sylvie CALLET
Signatures :
Samedi 28 février2009, à partir de 15h à la Médiathèque de Villefranche sur Saône
Samedi 13 décembre 08 à la librairie A plus d'un titre, Lyon de 16h à 19h30 quai de la pêcherie (à deux pas des Terreaux) (http://aplus1titre.nerim.net)
Samedi 22 novembre 08 au salon du livre de Tassin la demi-lune, toute la journée
Vendredi 7 novembre 08 à la médiathèque d'Ecully, à partir de 17h
Disponible dès à présent en librairie, en rayon ou sur commande, et chez Alapage.com et chez Amazon.fr
Disponible à La Gourmandise des Mots, rue Corlin à Villefranche sur Saône.
Extrait de 4ème de couverture :
Il y a l'imagerie du cinéma les évasions mythiques les limes à ongles et les barreaux, les indics sympathiques un chapeau mou sur la tête, il y a les comptes rendus de jugement qu'on lit dans la presse, les peines encourues les mots de sursis de prison ferme, les remises de peine, les maisons d'arrêt et les centrales et puis il y a le réel des hommes et des femmes que l'on rencontre dans une prison, et c'est tout autre chose que l'on découvre. Ce sont des hommes que l'écrivain Sylvie Callet a rencontrés, des hommes jeunes et encore en devenir malgré leur crime ou leur délit. C'est cette jeunesse que l'on lit à travers le témoignage de la romancière qui, pour l'heure, se fait documentariste. Elle nous donne à lire des portraits émouvants de jeunes hommes face au Livre, face au code du langage (et donc face à eux mêmes), face à une lecture qui fait tour à tour souffrance et jouissance mais qui devient terre commune à la rencontre devenue si difficile avec les autres et le dehors.
Anaïs ESCOT, auteur
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| samedi 13 septembre 2008, a 13:56 |
| COUP DE COEUR POUR UN LIVRE |
NULLIPARE de Jane Sautière, éd. Verticales
Mon avis : un thème rarement abordé : le "mystère de ne pas avoir d'enfant".
Une écriture au scalpel pour dire le trop plein et l'in-concevable. Un livre fiévreux, bouillonnant de violence maîtrisée. Une déchirure du corps, entre sécheresse et ensanglantement. |
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| mercredi 16 janvier 2008, a 17:23 |
| "GENTILLE ALOUETTE" vu (lu) par les internautes |
1 nouvel avis sur livres.linternaute.com
Gentille alouette Sylvie Callet |
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| Dès la première ligne, l'auteure vous saisit au col et ne vous lâche plus. Richesse exceptionnelle des descriptions, originalité de l'histoire, empathie totale avec la vie intérieure de l'héroïne et une construction du récit qui surprend et vient chambouler tout l'univers dans lequel elle nous avait entraîné. Il fallait oser le faire. Elle l'a fait avec talent pour notre plus grand bonheur. Troisième ouvrage de cette auteure et troisième surprise, merci ! | |
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| A tous ceux qui aiment les livres bien écrits, la richesse de la langue française et l'originalité de la forme. |
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1 avis sur Fnac.fr :
Surprenant !
Un internaute, Grasse,le 16 janvier 2008
J'ai retrouvé ici avec bonheur, dans la première partie, la plume ciselée, précise, presque précieuse, de Sylvie Callet. Celle du sang des pierres. Mais dans la suite, j'ai aussi découvert un style pour moi nouveau chez elle. Et surprenant. Un trait sobre, sec, nu, presque journalistique, et collant parfaitement au contexte, ce qui montre bien la virtuosité de l'auteure.
1 avis sur Rue des Livres
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Beaucoup de style et une sensibilité à fleur de peau. Maîtrise de l'écriture comme de la structure. Une belle puissance d'évocation. Bref, de grandes qualités pour cet opus 3 de Sylvie Callet. A recommander ! Un internaute du sud
Disponible en librairie et sur le site de la Fnac, Amazon etc.
ou
www.lespressesdumidi.fr
mail : lespressesdumidi@free.fr tel. 04.94.16.90.20
écrire à l'auteur : cabinet-le-papyrus@orange.fr
Couverture d'après une illustration noir et blanc de
John Gillham |
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| vendredi 19 octobre 2007, a 10:58 |
| COUP DE COEUR LITTERATURE : Un livre à la poésie envoûtante |
CHRONIQUES IMAGINAIRES DE LA MORT VIVE
de Philippe Annocque
Article de Lise Beninca dans LE MATRICULE DES ANGES
D'une écriture tellement feutrée qu'elle en devient menaçante, Philippe Annocque fouille l'âme d'un village rongé par un mal étrange.
Pas étonnant qu'il faille marquer un temps d'hésitation avant de reconnaître Philippe Annocque lorsqu'il pousse la porte du café. Il ne ressemble pas vraiment à la photo imprimée en quatrième de couverture de son premier roman. Tout comme les deux livres dont il est l'auteur ne se ressemblent pas. Leurs thèmes sont éloignés, leurs cadres diamétralement opposés et leurs styles en complet décalage. Une affaire de regard, paru au Seuil en 2001, est l'histoire d'un type qui collectionne les ratages. Une sorte de anti-héros, passif avec les filles, en train de taper sur une vieille machine un roman qui ne verra jamais le jour, parce qu'il se regarde surtout écrire. C'est drôle et un peu léger. Rien à voir avec l'atmosphère opaque qui saisit le lecteur dès la première page des Chroniques imaginaires de la mort vive. À la première phrase, on a déjà un pied dans la brume, l'autre dans le mystère. La phrase est longue, sinueuse, qui s'étend comme une nappe de brouillard sur une moitié entière de la page. Le narrateur s'adresse à un " tu " dont on ne sait rien encore. C'est qu'il faudra avancer à tâtons, guidés par une voix qui parle à mots couverts. Premier matin, un jour pâle se lève, " le voici, presque étonné d'être si semblable à la veille : la même brume au-dessus de l'étang, la même rosée sur le pré comme un baiser mouillé ". Dans le village de Vauvert, tout semble " à sa place ". Et pourtant, la jeune Marie a disparu dans la nuit. Une fugue ? Elle a bien fait de partir, pensent les villageois par-devers eux. Mais c'est dans la forêt qu'on la retrouve, les entrailles dévorées. La peur s'infiltre aussitôt jusqu'aux os, mais le village se tait, pour ne pas trop aiguiser l'imagination : des loups, le diable, une... bête ? La mort rôde autour de Vauvert. De retour dans cette campagne désolée, un jeune homme a marché jusqu'au village. Il revient de la guerre. Il arrive au coeur du drame. Est-ce parce qu'il a côtoyé la mort sur les champs de bataille que la voix sourde du narrateur s'adresse à lui ? Philippe Annocque nous engage à sa suite dans l'épaisseur du non-dit, avec une écriture d'une telle densité que chaque mot se pèse. Le lecteur s'enfonce pas à pas dans ce brouillard, frissonnant, aux aguets, à l'affût des mots qui brillent comme des cailloux blancs sur le sol sombre d'une forêt.
Le style de vos deux romans est extrêmement différent. Quelle en est la raison ? Lors de la parution de mon premier livre, j'ai eu le sentiment d'être un peu catalogué d'emblée sur certains critères : une écriture blanche (comme on l'appelle un peu facilement), un humour léger... Ces critères n'étaient pas faux, mais ils n'étaient pour moi qu'un résultat. Ce n'était pas quelque chose d'essentiel par rapport à ma manière de concevoir l'écriture. C'est-à-dire qu'au vu de ce que je voulais écrire à ce moment-là, il me fallait cette forme d'écriture et d'humour, c'était une sorte de conséquence. Mais cela ne veut pas dire que c'était définitivement ma façon d'écrire. J'ai envie d'écrire des choses qui ne se ressemblent pas a priori, même si j'ai bien conscience qu'elles auront forcément une parenté.
Peut-on dire que la parenté de ces deux livres, c'est qu'il s'agit de deux romans d'apprentissage ? Oui, on peut dire qu'il y a une réflexion sur le roman d'apprentissage dans les deux. Dans le premier, c'est un apprentissage qui n'en est pas vraiment un, puisqu'il y a l'idée d'un échec répétitif dans des domaines divers. En l'écrivant, je pensais à une espèce d'Éducation sentimentale mâtinée de Bouvard et Pécuchet. Le personnage principal essaie de savoir qui il est, ou plutôt il essaie de se berner, de se prendre pour qui il n'est pas. Dans le deuxième roman, il y a également cette dimension-là : l'idée qu'on n'est pas tout à fait soi-même, que celui qu'on est dans le moment ne cesse de mourir. Le point commun entre tous mes personnages, c'est qu'ils se méconnaissent. Dans Chroniques, le protagoniste revient sur les lieux de son enfance, et il ne les reconnaît pas. Le paysage lui semble différent. Il ne comprend pas tout de suite que c'est lui qui a changé. Peu à peu, il va prendre conscience du poids de son corps, de ses dimensions, qui ne sont plus celles d'un enfant.
Ce protagoniste n'est jamais nommé. Il n'est pas nommé, parce qu'il est appelé à survivre. Il est encore en devenir. Je n'ai nommé les personnages qu'au moment de leur mort, parce que c'est le seul moment où leur personne est en quelque sorte fixée. La notion de personne me laisse perplexe. C'est pour cela qu'il y a dans mes deux livres une réflexion sur la personne grammaticale (le choix de la troisième personne dans le premier, l'adresse au " tu " dans le second).
Sur un mode très différent, ces deux romans adoptent un ton qu'on pourrait qualifier d'impersonnel, de distancié. La question de l'identité est essentielle dans les deux livres, même si elle n'est pas traitée de la même manière. Sur un plan strictement grammatical, il y a des procédés qui sont utilisés d'une façon tout à fait consciente et qui ne sont pas les mêmes. Dans Une affaire de regard, j'avais cherché à être vraiment dans la conscience du personnage, au plus proche, donc avec un récit au présent véritable, et en même temps j'ai choisi de l'écrire à la troisième personne précisément parce que cela permettait d'instaurer une distance. Il y a un hiatus entre l'apparente intimité que le lecteur est amené à avoir avec le personnage et cette espèce de recul critique qui est signifié d'une manière clairement grammaticale. Dans Chroniques, j'ai essayé de créer une superposition des consciences. L'idée qu'il y ait la conscience d'un personnage à l'intérieur de la conscience d'un autre. Je voulais qu'on ne puisse s'en rendre compte qu'à la fin, ce qui en principe devrait amener le lecteur à relire le livre.
Qu'est-ce qui vous a inspiré le thème des Chroniques ? J'avais depuis longtemps dans la tête l'idée d'une histoire du type " bête du Gévaudan ". Pour moi il était évident que le sens de ce type d'histoire c'était que la bête est dans le coeur des hommes. J'ai écrit ce livre d'une manière très impulsive. J'étais dans une humeur un peu sanguinaire, en fait. Et c'est quand même mieux de passer son agressivité dans un livre !
Que symbolise pour vous cette " bête " ? Il me paraît évident que dans ce type d'histoires, ce ne sont pas les animaux qui sont des bêtes... Je veux dire qu'il faut chercher la bête là où elle se trouve. Elle est ce qu'on ne veut pas voir, ou qu'on préfère voir ailleurs, dans le loup par exemple. Elle est ce qui en nous pousse aux pulsions animales. Lorsque le personnage principal fait l'amour avec Mina, il ne sait pas pourquoi il le fait. Il n'y a rien d'humain dans cette action. Il répond à une pulsion.
Cherchiez-vous à aborder l'idée du châtiment, du non-dit ? L'idée du châtiment doit venir de loin chez moi. J'ai du mal à mettre en scène des personnages qui n'ont pas mauvaise conscience. Moi-même je regrette souvent. Cela n'a rien de chrétien, parce que je ne me sens pas marqué par la religion, mais le fait est qu'il y a toujours chez mes personnages une espèce de mauvaise conscience, et pourtant on ne peut pas dire qu'il y ait de faute véritable. J'ai beaucoup lu Kafka... Quant au non-dit, c'est parce que je suis empêché de dire. Là c'est plutôt Beckett. Il y a beaucoup de choses que je répugne à dire. Je n'aime pas raconter, je n'aime pas expliquer. J'aime bien parler, mais plutôt pour ne rien dire ! C'est vrai que j'ai tendance à rester toujours dans l'allusion, à dire les choses en creux. Je n'aime pas les romans dans lesquels il y a trop de passages didactiques, c'est une sorte d'écoeurement chez moi. Dans un de mes prochains livres, il y aura sans doute beaucoup de choses en creux. C'est-à-dire que ce qui sera dit ne sera pas forcément l'essentiel, ou que l'essentiel sera ce qui ne sera pas dit...
Dans Chroniques, vous avez placé des alinéas en cours de phrase, comme pour laisser la place au silence. Est-ce un " procédé " qui s'est imposé de lui-même ? Ce livre s'est écrit très vite, en cinq mois environ. Il y a beaucoup de choses qui se sont mises en place toutes seules, comme ces retours à la ligne. C'est une question de rythme. J'ai adopté ce procédé comme une forme de ponctuation pour ce texte qui flirte avec la poésie. En fait, cela me permettait de construire mes phrases autrement, et qu'elles restent malgré tout lisibles. J'avais besoin d'une nouvelle liberté.
Vous avez trouvé votre forme de liberté dans la phrase... Pour ce livre-là. Ce n'est pas un procédé qui sera nécessairement repris par la suite ; ou s'il l'est, ce sera d'une manière différente. Je ne veux pas me créer un langage définitif. Il est clair que le prochain livre qu'on voudra bien publier de moi sera écrit dans une autre langue. La langue, me semble-t-il, c'est le livre qui doit la faire. J'ai fait beaucoup de théâtre amateur, pendant vingt ans. Quand j'écris, je retrouve un peu le travail du comédien. Je rentre dans un rôle qui n'est pas le même d'un livre à l'autre. Je m'ennuierais sinon, je crois. Quand j'explique à mes élèves (Philippe Annocque enseigne en collège, ndlr) les fonctions grammaticales d'un mot, je leur dis : à l'école, ta fonction c'est d'être élève ; quand tu vas dans une boutique de jeux vidéo, tu es client. Un client, un élève, ce sont deux fonctions différentes. La vie nous met dans des postures différentes, et chaque livre aussi. Il y a bien sûr une dimension de plaisir aussi. Celui de changer de partition, de rôle à chaque fois. Le sujet génère la langue, et le livre se crée ; j'obéis à ce qui s'est cristallisé de cette manière-là. J'obéis à une sorte de cahier des charges qui se fait tout seul au départ. L'auteur des Chroniques n'est pas le même que celui d'Une affaire de regard. C'est quelque chose que je revendique.
Avez-vous songé à écrire sous des pseudonymes ? Oui, j'ai été tenté de le faire. Mais, d'abord, le fait que je sois tout à fait inconnu rend la chose un peu inutile... et puis signer des livres très différents du même nom, c'est une manière de dire que je suis aussi un auteur différent à chaque fois. D'ailleurs, il y a une chose qui m'amuse beaucoup, c'est la rubrique " Du même auteur " placée en début de livre. On donne cette indication pour simplifier les choses au lecteur, mais il y a là, à mon sens, quelque chose de faux. Depuis que Melville éditeur a accepté de publier les Chroniques, je ne suis plus l'auteur de ce livre-là. Ceci dit, écrire pour moi ne sera jamais un exercice de style. Je suis là pour faire ce qui me plaît. C'est d'ailleurs ma seule garantie. Quand j'écris un livre, j'écris le livre que j'aurais envie de lire à ce moment-là.
Chroniques imaginaires de la mort vive Philippe Annocque Melville éditeur 112 pages, 18 e
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| samedi 31 mars 2007, a 22:37 |
| VAGUE DE POLARS A VILLEFRANCHE |
17 et 18 mars 2007, Vague des livres de Villefranche sur Saône :
Rencontre avec des auteurs de polar que je vous invite à découvrir :
Serge-Yves Ruquet, qui présente Frères d'armes aux éd. Jigal http://www.polarnoir.fr/auteur.php?auteur=r5
Jean-Louis Nogaro, stéphanois - http://jeanlouisnogaro.zeblog.com/c-general : Un bon flic c'est comme de la soie
Jean-Louis Minot, caladois, auteur de La Serpette, histoire locale, et il y avait aussi, très sympa, mais elle n'écrit pas de polars, Frédérique Traverso (lyonnaise, auteur entre autres de Les voyoutes, chez Grasset).
Jean-Louis Nogaro a aimé "Le Sang des Pierres".
Lisez sa critique sur http://jeanlouisnogaro.zeblog.com/c-mes-lectures
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| vendredi 26 janvier 2007, a 10:21 |
| Ode aux plasticiens |
Ces sculpteurs de matière dont on ne parle guère...
Ils n’ont pas le succès
Chevillé au corps
Ni sur une épargne vie
D’argent qui dort
Ils ne vendent pas leur talent
Au plus offrant
Ils tirent leurs rêves cabossés
Dans les rues de l’adversité
Sans oublier de saluer avec audace
Le temps qui passe
Ils n’aiment pas plus que toi
La faim le froid
La liberté ça a un prix
Disent les revêches
Un vrai créateur se nourrit
D’art et d’eau fraîche
Dans les médias ils sont absents
Pas de réseau
Pas de découvreurs de talents
Dans les journaux
Peut-être qu’en montant à Paris
Faire le beau… ?
Ils tirent leurs rêves cabossés
Dans les rues de l’adversité
Sans oublier de saluer avec audace
Le temps qui passe
Ils ne sont pas intermittents
Du spectacle
Et décrocher le 1%
Tient du miracle
Les factures dues par l’État
Traînent des mois
Leurs ateliers sont mal chauffés
Pour le folklore
C’est pas plus mal ça fait rêver
Les gens adorent
Les artistes sans un kopek
C’est pittoresque
Ils ont fait le choix de leur art
Ou le contraire
Ils voudraient la reconnaissance
Pas la galère
Ils sont en quête perpétuelle
D’un nouveau ciel
Ils tirent leurs rêves cabossés
Dans les rues de l’adversité
Sans oublier de saluer avec audace
Le temps qui passe
Sylvie Callet
lien : site sculpture
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| jeudi 13 juillet 2006, a 17:07 |
| LE SANG DES PIERRES |
Un roman intimiste bâti comme un thriller
LE SANG DES PIERRES
vu par un lecteur :
Après avoir publié un premier roman, Patin-Coufin, qu’elle qualifie elle-même de livre « léger comme un rosé de Provence », Sylvie Callet, caladoise d’adoption et animatrice d’ateliers d’écriture à visée littéraire et professionnelle, récidive avec un nouveau roman plus sombre et plus abouti : Le Sang des Pierres, paru aux éditions Les Presses du Midi.
Cet ouvrage a été récemment présenté au salon de Lyon-Bellecour, « Place aux livres », où il a reçu un très bon accueil.
L’histoire
Dans Le Sang des Pierres, un roman intimiste bâti comme un thriller, un couple en mal d’amour, sans enfant et quarantenaire, croise un jeune homme de vingt ans à la recherche de son père. Au fil des rencontres entre les trois personnages, l’ambiance se fait tendue, oppressante, à l’instar de l’atmosphère étouffante du village encaissé en fond de vallée qui sert de toile de fond aux protagonistes.
L’écriture
Du tableau de ces « petites gens »- qui sont les véritables héros du livre - décrits avec subtilité et tendresse, aux descriptions empreintes de poésie de la montagne toute proche, l’auteur nous offre un voyage passionnant dans les profondeurs de l’âme humaine, sans négliger de rendre hommage à la puissance de Dame Nature.
Et, malgré le côté gris-amer de l’œuvre, ce n’est sûrement pas un hasard si Le Sang des Pierres se clôt sur le mot « bonheur » !
Extrait de quatrième de couverture :
"Dans un petit bourg lové en fond de vallée, un couple à la dérive croise un étrange jeune homme en quête d'identité. Qui est l'inconnu ? Que cherche-t-il ?
Non loin, au coeur des pierres, la rivière affolée mugit avant de disparaître, avalée par les ombres..."
Sylvie Callet, auteure d'un recueil de poèmes et d'un premier roman ("Patin-Coufin", éd. Presses du Midi) publie ici son second livre qui a pour cadre les contreforts du Jura. Avec un art consommé de l'intrigue, elle compose une histoire douce-amère dans une langue empreinte de poésie.
Couverture d'après une sculpture en pierre de Buxy de Jean-Michel Debilly (http://ombrelumiere.blog.mongenie.com)
Vous pouvez trouver ce livre en rayon ou sur commande dans votre librairie habituelle - en rayon à Lyon librairies Terre des livres (rue de Marseille) et Gibert Joseph, ou par internet sur les sites www.fnac.fr , www.alapage.fr, www.amazon.fr etc., dans les librairies Decitre ou directement sur www.lespressesdumidi.fr
Jean-Louis Nogaro, auteur de polars, a aimé "Le Sang des Pierres".
Lisez sa critique sur http://jeanlouisnogaro.zeblog.com/c-mes-lectures
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| vendredi 09 juin 2006, a 15:55 |
| PAROLES DE NOUNOUS |
PAROLES DE NOUNOUS
sur commande au Relais d'Assistantes Maternelles de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône (04.74.62.83.45)
Les assistantes maternelles présentent : « L’atelier d’écriture » :
"Quand, au Relais, l’atelier d’écriture a été proposé à notre groupe d’assistantes maternelles, certaines d’entre nous s’y sont inscrites spontanément parce qu’elles avaient déjà l’habitude d’écrire, de tenir un journal, ou simplement par plaisir. D’autres ont hésité par crainte de ne pas savoir s’exprimer par écrit, ou par peur du jugement. L’enjeu de cet atelier : produire un recueil de textes illustrant la pratique de notre métier. Lors de la séance de présentation, l’animatrice nous a expliqué en quoi consisteraient les séances, leur déroulement : en atelier d’écriture, on écrit seule ou en sous-groupe, souvent à partir d’extraits de textes littéraires lus ensemble, en suivant les consignes données par l’animatrice. Ensuite, chacune (ou chaque sous-groupe) lit son texte à haute voix, et on échange, on dialogue autour de chaque écrit, sans jamais se focaliser sur les fautes d’orthographe ou de grammaire, qui importent peu dans un premier temps. Tout jugement de valeur est banni.
Il est quelquefois difficile de lire son texte devant les autres, de maîtriser ses émotions, de parler de sujets délicats ou personnels. Finalement, chacune a pu s’exprimer librement et apprécier l’écoute et la compréhension de ses collègues.
Lors de l’atelier, différents thèmes ont été abordés, ainsi que différentes formes d’écriture (récit autobiographique, poème, alphabet, textes courts ludiques, textes écrits d’un point de vue différent ou en plusieurs étapes…) La formatrice, très à l’écoute, a su nous guider et mettre nos textes en valeur.
Si, au début, nous doutions de nos capacités, au final nous sommes impressionnées et même fières du travail accompli en groupe. De plus, les liens entre nous se sont resserrés et nous nous sentons encore plus solidaires d’avoir partagé ces moments intimes.
Merci à Jacqueline JOLIVET, Directrice du Relais d’assistantes maternelles de Villefranche-sur-Saône et à sa collaboratrice, Catherine GIOVAGNONI. "
Extrait de Paroles de Nounous (texte composé en groupe) :
Etre assistante maternelle, c’est…
Aimer les enfants, les écouter, les observer à chaque instant, les surveiller comme du lait sur le feu, les occuper, jouer avec eux, chanter au fil de la journée, câliner les petits, les consoler, les bisouiller, les changer régulièrement, les habiller, les déshabiller, les coiffer, les moucher, soigner leurs petits bobos, aller les chercher à l’école, acheter le pain et les petites brioches, donner des biberons, préparer les repas, couper la viande, aider les enfants à manger, les débarbouiller, les coucher pour la sieste, laver la vaisselle, ranger, balayer, nettoyer la maison, se reposer, souffler quelques instants, lever, goûter, rechanger, rejouer, se promener au parc, préparer les sacs, surveiller l’heure, guetter les parents, terminer la journée pour mieux la recommencer demain.
Sourire, faire preuve de diplomatie, de patience, être en bonne condition physique pour conduire les poussettes, attendre les parents, subir les cris des enfants, entendre leurs « Non », percevoir leurs chagrins, leur fièvre, comprendre leur psychologie, les nourrir de plats simples et variés, intervenir en cas de grosses colères, leur faire faire des activités, des jeux, des travaux manuels, les sortir au parc, au Relais, à la ludothèque, leur faire des biberons, vivre sereinement les séparations quotidiennes, apprendre à dire les mots magiques (merci, s’il te plaît), entretenir la maison pour qu’elle soit toujours propre et accueillante, être à l’écoute des enfants et des parents.
Animations, actus culturelles et ateliers d'écriture dans la région caladoise (Villefranche-sur-Saône) : http://lepapyrus.free.fr |
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| vendredi 09 juin 2006, a 15:51 |
| PATIN-COUFIN |
Léger comme un rosé de Provence, pétillant comme du Champagne frais
Extrait de quatrième de couverture :
"Pélagie Marceau, née Carlin, vit seule dans sa maison de Capoulède, en Provence. Bien qu'affaiblie par la maladie, cette dynamique veuve septuagénaire ne s'en laisse pas conter.
Soutenue par son vieil ami Lili, elle affronte avec humour les aléas du quotidien. Mais tout n'est pas rose : l'animosité de sa fille lui pèse, et son passé la rattrape...
Pélagie saura-t-elle confier à la jeune femme le lourd secret qui la ronge, et retrouver ainsi la confiance perdue ?
"Patin-Coufin", un roman acide et tendre à lire "avé l'assent du Sud".
sur commande (librairies, Fnac, Amazon etc. ou sur www.lespressesdumidi.fr)
1 commentaire lecteur
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Patin-coufin Un livre de Sylvie Callet |  | GENRE Romans - Littérature |  |
RECOMMANDE PAR... Sophie RENARD (Lyon) |  | SON COMMENTAIRE | | "J'ai aimé Patin-Coufin, une promenade ensoleillée et pleine d'humour sur les chemins de Provence en compagnie de Pélagie, pétulante septuagénaire. Un roman léger qui se lit facilement et avec grand plaisir." |  | POUR...
| A tous, et plus particulièrement aux femmes de 14 à 104 ans ! |
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| lundi 05 juin 2006, a 19:17 |
| ATELIERS D'ECRITURE EN MAISON D'ARRET - QUESTIONS REPONSES |
Questions posées par un étudiant de Jussieu (mai 2007)
- Qu'est-ce qui vous a poussé à animer des ateliers d'écriture en prison? - Quels sont les principaux thèmes des écrits des détenus ? - Pensez-vous qu'écrire leur permette de retrouver un sentiment de liberté, incompatible avec l'univers carcéral? - Est-ce que ces ateliers peuvent aider à la réinsertion de certains détenus?
Mes réponses
1) Les univers « parallèles » desquels il est difficile de sortir, mais dans lesquels il est également difficile d’entrer ( !) m’ont toujours attirée. J’ai envie d’aller voir ce qu’il y a derrière le mur. Et de vérifier mon hypothèse : à savoir que, derrière le mur, il y a des gens comme vous et moi, ou du moins, pas très différents. J’ai été frappée, lorsque les détenus écrivaient sur leur enfance, de constater à quel point leurs souvenirs ressemblaient aux miens.
2) L’atelier d’écriture que j’ai animé en maison d’arrêt (en ce moment j’interviens dans le quartier des mineurs pour les sensibiliser à la lecture de romans et leur permettre d’emprunter des livres puis d’en parler ensuite, mais c’est une activité un peu différente) avait pour thème l’autobiographie. J’animais avec des majeurs (hommes), et c’est moi qui avais choisi le thème, que je trouve toujours très porteur en atelier – un thème qu’on m’avait fortement déconseillé, en me disant que ça n’allait pas marcher. Mais j’ai tenu bon. Et les détenus ont joué le jeu, dès lors qu’ils ont compris que l’atelier était un lieu de respect et d’échange, et que chacun n’écrivait que ce qu’il avait envie de livrer. En tant qu’animatrice d’ateliers d’écriture (puisque je procédais exactement de la même façon que dans un atelier d’écriture « extérieur») c’est moi qui proposais des thèmes d’écriture (axés sur l’enfance, le rapport à la mère, les passions, l’amitié, les moments de la vie où tout bascule, la notion de liberté etc.). Ensuite, chaque participant lisait son texte à voix haute, on discutait autour du texte – sans être jamais dans le jugement de valeur ou dans l’approche scolaire. Dès que je rentrais à la maison, je mettais leurs textes au propre sur ordinateur et je les leur ramenais la séance suivante afin qu’ils aient accès à l’objet « abouti ».
3) Écrire permet en tout cas de se retrouver, soi – ce n’est pas si facile, surtout en prison. Et peut-être de revaloriser un peu l’image qu’on a de soi (« je suis capable d’écrire, j’ai vécu des choses intéressantes, qui intéressent quelqu’un, je suis capable de créer, personne ne censure ce que j’écris, personne ne juge ce que j’écris, ma pensée, mes sentiments m’appartiennent »)
Je pense que toute activité créative est un espace de liberté (et le fait de sortir de sa cellule, de se retrouver pendant deux heures « ailleurs » dans tous les sens du terme, de rire souvent – j’ai eu la chance d’avoir un participant qui possédait un grand sens de l’humour et tournait en dérision, à travers ses textes et ses réflexions, le quotidien un peu glauque de la prison – n’était pas négligeable pour les détenus).
En fin d’atelier, j’ai constitué un recueil de leurs textes dont tous les « écrivants » étaient très fiers – à juste titre. À part l’orthographe et un peu de syntaxe, je n’ai rien changé à leurs écrits, très émouvants.
Plusieurs lectures publiques (montage de ces textes) ont eu lieu ensuite à Lyon et Villefranche.
4) Je pense que tout ce qui permet de retrouver le respect de soi - en étant fier de ce qu’on a accompli, par exemple - peut aider à se réinsérer.
Mon souhait serait maintenant d’animer un atelier d’écriture avec des surveillants de prison, car je pense qu’eux aussi ont beaucoup de choses à exprimer, et qu’ils exercent une profession difficile (conditions de travail périlleuses, horaires contraignants et mauvaise image auprès de la population).
Ateliers d'écriture en prison (janvier à avril 2005) animés par Sylvie Callet :
Dans le recueil "L'autre chemin", les "majeurs" racontent, se racontent...
Quelques extraits des textes écrits en atelier :
j’ai été… je suis
J’ai été une fourmi parmi les fourmis
Je suis une plume accrochée à un boulet
J’ai été le plus petit parmi les grands
Je suis l’aigle dans le vent
Je crois à Dieu ses anges ses prophéties et aux démons
Je suis l’abeille butinant le pollen
J’ai été un pilier qui soutient la famille
Je suis le lièvre dans son terrier
J’ai été un dragon sans flammes ni ailes
Je suis un singe en cage
J’ai été un papillon flottant dans les airs
Je suis un paresseux fatigué
J’ai été vapeur pour devenir solide
Je suis la mante religieuse mangeant sa proie
J’ai été et je reviendrai
Je suis moi.
B.
J’ai été dans les étoiles
Je suis timide mais sans plus
J’ai été mis en prison
Je suis bavard quand je suis ivre
Je crois à l’envie de s’en sortir
Je suis une étoile parmi tant d’autres
J’ai été un nom, maintenant je suis un numéro
Je suis rebelle quand on me cherche
J’ai été esclave de ma solitude
Je suis ma route en suivant mon destin
J’ai été à la plage en train de bronzer
J’ai été une voiture à ne plus s’arrêter
J’ai été une pièce vivante de mon enfance
Je suis un rempart parmi les murailles.
A.
UN LIEU où J'AI DORMI
La Cave
On ouvre la porte avec une poignée glacée et fragilisée par les va-et-vient. La porte est en bois et pas trop solide, on a dû la remplacer plusieurs fois. L’obscurité est énorme. On doit laisser la porte bien ouverte pour ramener la lumière du hall. On ne peut pas faire un pas de plus, avec tout ce bric à brac qui n’a jamais servi et que personne n’a même jamais vu. Sur tout cela un grand matelas rembourré pour cacher le tout. Un lourd sommeil m’atteint.
N.
SOLITUDE
La nuit
C’était la première fois que j’entrais en prison. Pendant deux mois j’ai eu l’impression que c’était un rêve. L’angoisse me prenait souvent dans la journée, je n’arrivais pas à supporter cette pression. Je ne sais même pas comment j’ai fait pour supporter tout ça.
Mais ce qui est le plus dur en prison, c’est qu’il n’y a personne pour te dire comment faire, parce qu’ici on n’a pas le droit d’être faible. Il y a la nuit, ça m’angoisse, je n’ai toujours pas compris pourquoi ça m’angoissait.
Je ne dors presque jamais la nuit, j’ai une boule à l’estomac qui m’empêche de dormir. C’est la merde, quoi.
Envie d'en savoir plus sur les ateliers d'écriture ? Rendez-vous sur http://lepapyrus.free.fr
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| vendredi 02 juin 2006, a 12:14 |
| JEUX DE COUPLES |
"Jeux de Couples" recueil de poèmes égrillards concoctés par Sylvie Callet et illustrés avec malice par John Gillham, peintre australien, retrace sous des angles différents et à 10 reprises la même scène.
80 exemplaires numérotés ont été édités à compte d'auteur, et sont désormais épuisés. Si vous êtes éditeur et intéressé par la publication d'un tel ouvrage (textes + dessins) - à compte d'éditeur - merci de nous le faire savoir en adressant un message à cabinet-le-papyrus@wanadoo.fr
Un petit aperçu "culinaire" de la chose !
Charlotte et Baba
Œil noisette et peau rouge tomate en cuisine Charlotte se hâte
A rendez-vous près du passe-plats avec le maître queux Baba
Bonjour cuistot ! Elle lui tend ses lèvres veloutées disant :
- J’ai une crêpe dans mon panier qui n’demande qu’à être fourrée !
Mais l’homme tout chocolat répond : j’en suis honoré mais c’est non
J’ai le saucisson en salade, les pets de nonne en marmelade
Charlotte est comme deux ronds de flan : - Voilà c’ que c’est d’être gourmand
Comment se nomme le boudin noir qui t’a transformé en passoire ?
- C’est Groseille ou alors Melba, confesse amèrement Baba
La Belle Hélène ou… Honoré. Du coup Charlotte est écœurée
- Tu n’es qu’un vulgaire gâte-sauce, crie la belle, moi je l’ai dans l’os Que ta réputation s’effrite si j’ai la galette trop cuite
Puis Charlotte se ramollit (l’homme fait son beurre dans son boui-boui)
Pardonne-moi beau gargotier, le poivre m’est monté au nez
L’homme en a par-dessus la toque : j’en ai assez, parole de coq,
De l’auberge du cul tourné, va pendre ailleurs ton tablier
Le cœur de Charlotte est en miettes. Un cordon bleu voit la coquette
Lui propose caviar et champagne dans son restaurant de campagne
Elle change alors de crémerie et déballe tout son frichti
En ôtant sa robe des champs pour chauffer à point son amant.
Moralité
« Peu importe le marmiton quand on aime le saucisson. »
Sylvie Callet
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| Présentation | Sylvie Callet, écrivain, coordinatrice culturelle de l'association Ecriture & Papyrus, est également formatrice aux écrits professionnels et animatrice d'ateliers d'écriture créative dans les régions Rhône-Alpes, Paca et Ile de France ( organismes de formation publics et privés, Ecriture & Papyrus).
Elle intervient sur des sites divers : prisons, hôpitaux, établissements scolaires, institutions pour personnes âgées, centres de formation...
Vous retrouverez dans ce blog sa bibliographie, les recueils réalisés lors d'ateliers d'écriture créative et ses coups de coeur en matière de littérature, d'art... ainsi que l'annonce d'ateliers d'écriture organisés par l'association
"Ecriture & Papyrus"
(http://lepapyrus.free.fr/) dont elle est la fondatrice.
Retrouvez Sylvie Callet sur http://www.atout-ecriture.fr
POLARS HUMORISTIQUES
Paru en 2011
LE VIN DES MAURES
éd. Les Presses du Midi
Paru en 2010
MOULIN A VENT
éd. Les Presses du Midi
Paru en 2009
UN PETIT JAUNE
éd. Les Presses du Midi
RECUEIL
Paru en septembre 2008 :
LES MOTS DERRIERE LES MURS,
De la lecture des mineurs et de la prison
éd. Presses du midi
ROMANS
Paru en novembre 07 ": Gentille Alouette" éd. Presses du Midi.
Paru en juillet 06 : "Le Sang des Pierres" éd. Presses du Midi (voir article dans ce blog).
Paru en août 05 : "Patin-Coufin" éd. Presses du Midi (voir article dans ce blog).
FORMATIONS PROFESSIONNELLES
Formations professionnelles animées par Sylvie Callet :
"Rédiger le compte rendu de réunion"- "Rédiger le courrier administratif" - "Acquérir les techniques de prise de notes" - "Libérer l'écriture" - "Rédaction d'un compte rendu managérial et technique (compte rendu d'accident, d'incident...)" - "De l'écriture personnelle à l'analyse des pratiques" - "Les écrits professionnels dans le secteur médico-social."
Ecriture et Papyrus propose de nombreux autres stages "à la carte" et bénéficie d'un réseau d'animateurs d'ateliers d'écriture qualifiés et compétents. N'hésitez à nous contacter : ecriture-papyrus@orange.fr
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| commentaire(s) | PATIN-COUFIN literatatuuraire.punt.nl (19/09/2006 05:10)interessant! je cher... PATIN-COUFIN Carole Hun (21/06/2006 08:34)ça se déguste comme ... |
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