| samedi 12 septembre 2009, a 14:08 |
| DEDICACE POLAR |
Sylvie Callet présentera et dédicacera
UN PETIT JAUNE
(polar - ed. Les Presses du Midi - disponible sur Amazon.fr)
le samedi 14 novembre toute la journée
au Salon du livre de Chazay d'Azergues (Rhône)
le vendredi 20 novembre à partir de 18 h
à la Galerie d'art Chybulski, Ville sur Jarnioux (Rhône-Beaujolais) à l'occasion de l'exposition collective sur le vin
le dimanche 22 novembre toute la journée
à la fête du livre de Toulon (Var)
Retrouvez une critique de ce livre sur http://action-suspense.over-blog.com/article-sylvie-callet-un-petit-jaune--38262195.html
Quatrième de couverture :
Jo, grand collectionneur de grimaces et charmeur patenté, vit de siestes et d'eau de mer dans la propriété toulonnaise de son amie Flo. Mais le meurtre d'une de ses conquêtes va venir rompre cette belle harmonie. En endossant l'habit de détective, l'homme ignore dans quel guêpier il se fourre. « Un sacré pastis ! » comme dirait son ami Bèbe.
Entre dérision et humour, Sylvie Callet, écrivain originaire du Var, nous guide sur les chemins tortueux que Jo, héros atypique, ne manque pas d'emprunter. Une chose est certaine : qu'ils soient de blues, de sang, de théâtre, du sort ou du lapin, dans Un petit jaune, tous les coups sont permis. Et ce n'est pas le voisinage d'une adorable fliquette qui va changer la donne !
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| mardi 31 mars 2009, a 16:59 |
| Ecrire le roman en bord de mer (Var), écrire dans une galerie d'art, écriture et psychogénéalogie... |
Tous les ateliers et stages d'Ecriture et Papyrus sont visibles sur
http://lepapyrus.free.fr rubrique "Animations"
Le pot d'accueil de la Saison 2009-2010 aura lieu le lundi 21 septembre 2009 à partir de 18 h au Papyrus, dans l'atelier au fond du jardin.
(102 rue Lamartine, Villefranche-sur-Saône entre Lyon et Mâcon, à 3 mn à pied de la gare).
Tous les curieux, les curieuses et les participants aux ateliers sont les bienvenus.
Mail : cabinet-le-papyrus@orange.fr pour vous inscrire dans notre mailing list ou demander des renseignements. |
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| vendredi 22 août 2008, a 10:45 |
| LES MOTS DERRIERE LES MURS |
De la lecture, des mineurs et de la prison
par Sylvie CALLET
Signatures :
Samedi 28 février2009, à partir de 15h à la Médiathèque de Villefranche sur Saône
Samedi 13 décembre 08 à la librairie A plus d'un titre, Lyon de 16h à 19h30 quai de la pêcherie (à deux pas des Terreaux) (http://aplus1titre.nerim.net)
Samedi 22 novembre 08 au salon du livre de Tassin la demi-lune, toute la journée
Vendredi 7 novembre 08 à la médiathèque d'Ecully, à partir de 17h
Disponible dès à présent en librairie, en rayon ou sur commande, et chez Alapage.com et chez Amazon.fr
Disponible à La Gourmandise des Mots, rue Corlin à Villefranche sur Saône.
Extrait de 4ème de couverture :
Il y a l'imagerie du cinéma les évasions mythiques les limes à ongles et les barreaux, les indics sympathiques un chapeau mou sur la tête, il y a les comptes rendus de jugement qu'on lit dans la presse, les peines encourues les mots de sursis de prison ferme, les remises de peine, les maisons d'arrêt et les centrales et puis il y a le réel des hommes et des femmes que l'on rencontre dans une prison, et c'est tout autre chose que l'on découvre. Ce sont des hommes que l'écrivain Sylvie Callet a rencontrés, des hommes jeunes et encore en devenir malgré leur crime ou leur délit. C'est cette jeunesse que l'on lit à travers le témoignage de la romancière qui, pour l'heure, se fait documentariste. Elle nous donne à lire des portraits émouvants de jeunes hommes face au Livre, face au code du langage (et donc face à eux mêmes), face à une lecture qui fait tour à tour souffrance et jouissance mais qui devient terre commune à la rencontre devenue si difficile avec les autres et le dehors.
Anaïs ESCOT, auteur
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| samedi 13 septembre 2008, a 13:56 |
| COUP DE COEUR POUR UN LIVRE |
NULLIPARE de Jane Sautière, éd. Verticales
Mon avis : un thème rarement abordé : le "mystère de ne pas avoir d'enfant".
Une écriture au scalpel pour dire le trop plein et l'in-concevable. Un livre fiévreux, bouillonnant de violence maîtrisée. Une déchirure du corps, entre sécheresse et ensanglantement. |
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| mercredi 16 janvier 2008, a 17:23 |
| "GENTILLE ALOUETTE" vu (lu) par les internautes |
1 nouvel avis sur livres.linternaute.com
Gentille alouette Sylvie Callet |
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| Dès la première ligne, l'auteure vous saisit au col et ne vous lâche plus. Richesse exceptionnelle des descriptions, originalité de l'histoire, empathie totale avec la vie intérieure de l'héroïne et une construction du récit qui surprend et vient chambouler tout l'univers dans lequel elle nous avait entraîné. Il fallait oser le faire. Elle l'a fait avec talent pour notre plus grand bonheur. Troisième ouvrage de cette auteure et troisième surprise, merci ! | |
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| A tous ceux qui aiment les livres bien écrits, la richesse de la langue française et l'originalité de la forme. |
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1 avis sur Fnac.fr :
Surprenant !
Un internaute, Grasse,le 16 janvier 2008
J'ai retrouvé ici avec bonheur, dans la première partie, la plume ciselée, précise, presque précieuse, de Sylvie Callet. Celle du sang des pierres. Mais dans la suite, j'ai aussi découvert un style pour moi nouveau chez elle. Et surprenant. Un trait sobre, sec, nu, presque journalistique, et collant parfaitement au contexte, ce qui montre bien la virtuosité de l'auteure.
1 avis sur Rue des Livres
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Beaucoup de style et une sensibilité à fleur de peau. Maîtrise de l'écriture comme de la structure. Une belle puissance d'évocation. Bref, de grandes qualités pour cet opus 3 de Sylvie Callet. A recommander ! Un internaute du sud
Disponible en librairie et sur le site de la Fnac, Amazon etc.
ou
www.lespressesdumidi.fr
mail : lespressesdumidi@free.fr tel. 04.94.16.90.20
écrire à l'auteur : cabinet-le-papyrus@orange.fr
Couverture d'après une illustration noir et blanc de
John Gillham |
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| jeudi 10 janvier 2008, a 16:54 |
| MARSEILLE SUR MAIRE |
Marseille sur Maire, de Serge Yves Ruquet, aux éd. Jigal
Genre : polar
Ça vous prend et ça ne vous lâche plus ! À consommer sans attendre.
Sylvie Callet
(voir les commentaires ci-dessous)
René Barone - monpolar
Le roman commence de manière classique avec une enquête sur un tueur en série, “Encore une histoire de tueur en série” serait-on tenté d'écrire. Mais l'auteur sait ménager ses effets et change de cap très rapidement avec l'assassinat du maire de Marseille. Alors tout bascule pour nos deux héros qui seront très vite dépassés par les évènements. Enfin, dépassés, pas tout-àfait car ils ont des ressources et il en faut pour lutter contre la mafia, les RG, les truands de tous bords, sans oublier les flics ripoux Un roman très agréable à lire, aux personnages intéressants, comme le jeune Théo, amateur de slam. Un roman au un rythme vif, aux phrases syncopées, parfois proche du rap.
Une belle réussite.
Claude Le Nocher – Rayon polar
Une lecture de
CLAUDE LE NOCHER
Jeune slameur black, Théo suit un stage d'insertion au SRPJ de Marseille. Son premier contact avec le policier Yann Rannou est assez brutal. Pourtant, une bonne entente s'installe vite entre eux. Âgé de 33 ans, Yann (dit Le Breton) est chargé d'enquêter sur “le fada de Toulouse”, un tueur laissant des liasses de billets en francs sur ses cadavres. Le dossier lui est confié sur ordre de Raymonde Charles, maire de Marseille, sa tante qui a élevé Yann. Quand celui-ci se rend avec Théo à la mairie, ils croisent l'ambitieuse Aurore, principale adjointe. C'est l'ex du policier. Raymonde Charles exige que Yann s'occupe d'un promoteur immobilier, Patrick Alfon, sans préciser pourquoi.
A partir de là, Yann s'enfonce dans les pires ennuis. L'aide de Théo lui est plusqu'utile en diverses occasions. Yann doit buter son supérieur, qui menaçait de lesupprimer. Raymonde est abattue par des tueurs à moto. C'est Aurore qui assurel'intérim à la mairie. En cavale, Yann a besoin de sa protection. La DST débarque ennombre à Marseille, ce qui irrite les flics locaux. Yann veut comprendre pourquoi satante refusa le centre culturel, projet d'Alfon à l'origine de cette engatse meurtrière.
Avec Théo, ils interrogent l'architecte et Alfon. La version finale du programmeimmobilier est moins culturelle qu'annoncé. L'armée co-financerait, et un vaste étageserait consacré au jeu. L'affaire était trop puante pour l'honnête RaymondeCharles. Restant en contact avec Aurore, Yann envisage de cesser sa cavale. Mais ilest la cible des tueurs à moto, employés par des mafieux. Quand la DST s'en mêle, labagarre avec les flics locaux est sévère...
Dans la lutte contre les corrompus et prédateurs de tout poil, si rien n'est gagné, rien n'est perdu. Tant que certains gardent au coeur un idéal de justice, un monde honnête reste possible. Mieux vaut un éternel combat que la victoire définitive des crapules puissantes.
Telle est en substance la morale de cette aventure agitée. L'intrépide Yann et son compère Théo sont entraînés dans une tourbillonnante succession de péripéties. Ils reçoivent autant de mauvais coups qu'ils en donnent. Ces purs et durs, chasseurs de manipulations, quêteurs de vérité, sont absolument attachants. Autour d'eux, quelques uns se rallient à leur cause. Un réjouissant roman d'action.
CLAUDE LE NOCHER
Patrick Galmel – Pol'Art Noir (4 étoiles sur 5)
Commentaire par Patrick Galmel le 22 novembre 2007
C'est toujours pareil! On se prépare une petite soirée tranquille — pantoufles, bibine et coupe d'Europe — et voilà qu'une vieille en profite pour se faire dessouder et qu'il faut reprendre du service, illico. « Radasse, va !.. »
Le lieutenant Morel l'a mauvaise en cette soirée froide de janvier, tout comme son "collègue" Théo, pris dans le même traquenard. Je mets les guillemets parce que "collègue", c'est un bien grand mot pour l'occasion. Théo est en fait un jeune black des quartiers nord de Marseille pris dans un programme spécial du ministre de l'intérieur et réservé aux primo délinquants (en l'occurrence, un refus de contrôle d'identité). PPP ça s'appelle : deux séjours d'une semaine en immersion dans un commissariat. Pour l'instant, Théo est affecté en Avignon et la semaine prochaine, il retrouve l'Évéché.
En attendant, une espèce de tueur psychopathe a encore frappé. Une femme, comme d'habitude, comme à Toulouse, Carcassonne,
Montpellier, et toujours ce rouleau de billets de cinq cents francs déposé sur les victimes. Et tout ça en trois jours !
Serge Yves Ruquet avait frappé fort avec son premier roman, Frères d'Armes, il récidive ici avec talent et transforme son premier essai avec brio.
Tout au long de Marseille sur Maire, nous allons naviguer en compagnie d'un duo savoureux composé d'un flic taciturne et de son poulain Théo, le fameux PPP. Avignon n'est qu'une étape dans la vie de Théo — Marseille est son port d'attache — et le lieutenant Morel sera bien vite remplacé, en tant que tuteur, par Rannou quand le tueur itinérant aura atteint la capitale phocéenne.
Serge Yves Ruquet avait déjà montré une verve flamboyante, et il s'en donne à nouveau à coeur joie avec le personnage de Théo :
« La langue française, le jeune, c'est sa passion. Sa gourmandise. À tel point qu'il passe son temps à se forger son propre vocabulaire. Ganymède, c'est un satellite de Jupiter. Théo a trouvé ça un jour par hasard, sur Internet, alors qu'il se cherchait un nom d'artiste. Ganymède est composé de glace, exclusivement. Alors, depuis ce jour-là, le Black a décidé de "c'est Ganymède" signifierait "ça caille !" »
Et de l'inventivité, Serge Yves Ruquet, comme Théo, en a à revendre. Avec lui, avec eux, la langue est vivante, frétillante même. Reste que des dialogues, même savoureux, ne font pas une intrigue… Alors, sur les traces de ce tueur aux billets, Serge Yves Ruquet va nous embarquer dans une histoire de magouilles immobilières comme Marseille en connaît. Et de l'immobilier au politique, il n'y a jamais bien loin. Il faut dire que Ranou n'est autre que le neveu de Madame le Maire, et que celle-ci se fait assassiner par des tueurs à moto. Dans le sud, on connaît ces méthodes, on sait ce que ça signifie : la mafia…
Même si tout au long de son roman l'auteur garde un ton léger et qu'on se marre franchement en tournant les pages, il met aussi en scène une réalité : la présence avérée de la mafia dans les rouages du pouvoir. Son intrigue tient la route, mais ça n'est pas innocent si son roman s'ouvre sur cette phrase de Jean Ziegler : « La France est certainement le pays d'Europe où la conscience de la présence mafieuse est la moins développée dans l'opinion publique. »
Marseille sur Maire est un excellent divertissement, rythmé, plein d'action et d'humour, peuplé de personnages hauts en couleur et néanmoins crédibles dans leur caricature (à ce titre, Madame le Maire n'est pas sans rappeler Edmonde Charles Roux, l'épouse de Gaston Deferre, longtemps maire de… Marseille), mais c'est aussi une leçon de "real politique". Une leçon qui prend parfois des allures d'aventure à la Pieds Nickelés, mais une leçon tout de même…
Ce qu'on en dit sur le forum de Pol'Art Noir (Avis de lecteurs) :
Par MacOliver, le 13 Décembre 2007 (5 étoiles sur 5)
Ayé fini. Suis à la fois secoué et triste.
Secoué car c'est une belle mécanique de machine à laver ce polar : on en prend plein la vue. Dès la partie de poker on a plus le contrôle, quel pied.
Triste car on s'attache à Rannou certes, mais Théo alors ! J'espère le revoir au détour des pages.
Par Le Cafuron, le 8 Décembre 2007 (5 étoiles sur 5)
J'avais beaucoup aimé Frères d'Armes, du même auteur. J'ai adoré Marseille sur Maire. S.Y. Ruquet continue de dénoncer les complots dont notre république Bas à Asnières, Haut à Neuilly, s'accommode si bien. Le style est toujours là : truculent. L'intrigue fait plus que tenir la route, les rouages sont bien huilés. Comme le ministre de la culture du livre, l'auteur utilise le quinzième degré lorsqu'il conclut par ces mots : "Ceci est un polar. Une fiction. Un délassement."
Rien à redire, c'est du très bon SYR ! Et ce n'est pas du SYRage de pompe, ce n'est pas le genre de la maison.
Par Michalon, le 14 Novembre 2007 (4 étoiles sur 5)
Tueur en série, crime mafieux, ripoux, magouille politique, combine immobilière, barbouzeries, Serge Yves Ruquet n'y va pas de main morte dans son deuxième roman. Il le mène à un rythme d'enfer dans les rues de Marseille, et son nouveau duo, un flic breton et un réfugié rwandais converti au slam nous fait très vite oublier celui de Frères d'Armes.
Ce qu'on n'oublie pas par contre c'est pourquoi son premier livre nous avait plu.
On retrouve avec plaisir son style et son humour. Les bastons, les canardages sont toujours aussi enlevés et vivants (on entend presque les détonations et le bruit des bourre-pifs), les dialogues et les bons mots toujours aussi savoureux et rigolos.
Rares sont les pages où l'on ne sourit pas (sauf celles sur le cauchemar récurrent de Théo) et le conseil des Ministres à la fin du livre vaut son pesant de cacahouètes.
Syr pousse son bouchon jusque dans la note d'auteur qui précise que toute ressemblance avec des personnages réels serait fortuite et involontaire alors qu'on en reconnaît très vite plusieurs notamment celui qui pourrait se cacher dans le costard du Ministre de l'Intérieur un peu, tout petit peu, corrompu...
Bref un livre agréable et amusant !
Le seul petit défaut c'est qu'à trop vouloir concentrer l'intrigue et les rebondissements sur quelques jours, ça perd un peu en crédibilité et en vraisemblance, comme PPDA le fait d'ailleurs lui même remarquer dans le roman lorsqu'il présente l'incroyable spirale de violence qui semble toucher la cité phocéenne.
Quatre étoiles donc, un poil moins brillantes que celles de Frères d'Armes, mais bien visibles tout de même ! |
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| vendredi 19 octobre 2007, a 10:58 |
| COUP DE COEUR LITTERATURE : Un livre à la poésie envoûtante |
CHRONIQUES IMAGINAIRES DE LA MORT VIVE
de Philippe Annocque
Article de Lise Beninca dans LE MATRICULE DES ANGES
D'une écriture tellement feutrée qu'elle en devient menaçante, Philippe Annocque fouille l'âme d'un village rongé par un mal étrange.
Pas étonnant qu'il faille marquer un temps d'hésitation avant de reconnaître Philippe Annocque lorsqu'il pousse la porte du café. Il ne ressemble pas vraiment à la photo imprimée en quatrième de couverture de son premier roman. Tout comme les deux livres dont il est l'auteur ne se ressemblent pas. Leurs thèmes sont éloignés, leurs cadres diamétralement opposés et leurs styles en complet décalage. Une affaire de regard, paru au Seuil en 2001, est l'histoire d'un type qui collectionne les ratages. Une sorte de anti-héros, passif avec les filles, en train de taper sur une vieille machine un roman qui ne verra jamais le jour, parce qu'il se regarde surtout écrire. C'est drôle et un peu léger. Rien à voir avec l'atmosphère opaque qui saisit le lecteur dès la première page des Chroniques imaginaires de la mort vive. À la première phrase, on a déjà un pied dans la brume, l'autre dans le mystère. La phrase est longue, sinueuse, qui s'étend comme une nappe de brouillard sur une moitié entière de la page. Le narrateur s'adresse à un " tu " dont on ne sait rien encore. C'est qu'il faudra avancer à tâtons, guidés par une voix qui parle à mots couverts. Premier matin, un jour pâle se lève, " le voici, presque étonné d'être si semblable à la veille : la même brume au-dessus de l'étang, la même rosée sur le pré comme un baiser mouillé ". Dans le village de Vauvert, tout semble " à sa place ". Et pourtant, la jeune Marie a disparu dans la nuit. Une fugue ? Elle a bien fait de partir, pensent les villageois par-devers eux. Mais c'est dans la forêt qu'on la retrouve, les entrailles dévorées. La peur s'infiltre aussitôt jusqu'aux os, mais le village se tait, pour ne pas trop aiguiser l'imagination : des loups, le diable, une... bête ? La mort rôde autour de Vauvert. De retour dans cette campagne désolée, un jeune homme a marché jusqu'au village. Il revient de la guerre. Il arrive au coeur du drame. Est-ce parce qu'il a côtoyé la mort sur les champs de bataille que la voix sourde du narrateur s'adresse à lui ? Philippe Annocque nous engage à sa suite dans l'épaisseur du non-dit, avec une écriture d'une telle densité que chaque mot se pèse. Le lecteur s'enfonce pas à pas dans ce brouillard, frissonnant, aux aguets, à l'affût des mots qui brillent comme des cailloux blancs sur le sol sombre d'une forêt.
Le style de vos deux romans est extrêmement différent. Quelle en est la raison ? Lors de la parution de mon premier livre, j'ai eu le sentiment d'être un peu catalogué d'emblée sur certains critères : une écriture blanche (comme on l'appelle un peu facilement), un humour léger... Ces critères n'étaient pas faux, mais ils n'étaient pour moi qu'un résultat. Ce n'était pas quelque chose d'essentiel par rapport à ma manière de concevoir l'écriture. C'est-à-dire qu'au vu de ce que je voulais écrire à ce moment-là, il me fallait cette forme d'écriture et d'humour, c'était une sorte de conséquence. Mais cela ne veut pas dire que c'était définitivement ma façon d'écrire. J'ai envie d'écrire des choses qui ne se ressemblent pas a priori, même si j'ai bien conscience qu'elles auront forcément une parenté.
Peut-on dire que la parenté de ces deux livres, c'est qu'il s'agit de deux romans d'apprentissage ? Oui, on peut dire qu'il y a une réflexion sur le roman d'apprentissage dans les deux. Dans le premier, c'est un apprentissage qui n'en est pas vraiment un, puisqu'il y a l'idée d'un échec répétitif dans des domaines divers. En l'écrivant, je pensais à une espèce d'Éducation sentimentale mâtinée de Bouvard et Pécuchet. Le personnage principal essaie de savoir qui il est, ou plutôt il essaie de se berner, de se prendre pour qui il n'est pas. Dans le deuxième roman, il y a également cette dimension-là : l'idée qu'on n'est pas tout à fait soi-même, que celui qu'on est dans le moment ne cesse de mourir. Le point commun entre tous mes personnages, c'est qu'ils se méconnaissent. Dans Chroniques, le protagoniste revient sur les lieux de son enfance, et il ne les reconnaît pas. Le paysage lui semble différent. Il ne comprend pas tout de suite que c'est lui qui a changé. Peu à peu, il va prendre conscience du poids de son corps, de ses dimensions, qui ne sont plus celles d'un enfant.
Ce protagoniste n'est jamais nommé. Il n'est pas nommé, parce qu'il est appelé à survivre. Il est encore en devenir. Je n'ai nommé les personnages qu'au moment de leur mort, parce que c'est le seul moment où leur personne est en quelque sorte fixée. La notion de personne me laisse perplexe. C'est pour cela qu'il y a dans mes deux livres une réflexion sur la personne grammaticale (le choix de la troisième personne dans le premier, l'adresse au " tu " dans le second).
Sur un mode très différent, ces deux romans adoptent un ton qu'on pourrait qualifier d'impersonnel, de distancié. La question de l'identité est essentielle dans les deux livres, même si elle n'est pas traitée de la même manière. Sur un plan strictement grammatical, il y a des procédés qui sont utilisés d'une façon tout à fait consciente et qui ne sont pas les mêmes. Dans Une affaire de regard, j'avais cherché à être vraiment dans la conscience du personnage, au plus proche, donc avec un récit au présent véritable, et en même temps j'ai choisi de l'écrire à la troisième personne précisément parce que cela permettait d'instaurer une distance. Il y a un hiatus entre l'apparente intimité que le lecteur est amené à avoir avec le personnage et cette espèce de recul critique qui est signifié d'une manière clairement grammaticale. Dans Chroniques, j'ai essayé de créer une superposition des consciences. L'idée qu'il y ait la conscience d'un personnage à l'intérieur de la conscience d'un autre. Je voulais qu'on ne puisse s'en rendre compte qu'à la fin, ce qui en principe devrait amener le lecteur à relire le livre.
Qu'est-ce qui vous a inspiré le thème des Chroniques ? J'avais depuis longtemps dans la tête l'idée d'une histoire du type " bête du Gévaudan ". Pour moi il était évident que le sens de ce type d'histoire c'était que la bête est dans le coeur des hommes. J'ai écrit ce livre d'une manière très impulsive. J'étais dans une humeur un peu sanguinaire, en fait. Et c'est quand même mieux de passer son agressivité dans un livre !
Que symbolise pour vous cette " bête " ? Il me paraît évident que dans ce type d'histoires, ce ne sont pas les animaux qui sont des bêtes... Je veux dire qu'il faut chercher la bête là où elle se trouve. Elle est ce qu'on ne veut pas voir, ou qu'on préfère voir ailleurs, dans le loup par exemple. Elle est ce qui en nous pousse aux pulsions animales. Lorsque le personnage principal fait l'amour avec Mina, il ne sait pas pourquoi il le fait. Il n'y a rien d'humain dans cette action. Il répond à une pulsion.
Cherchiez-vous à aborder l'idée du châtiment, du non-dit ? L'idée du châtiment doit venir de loin chez moi. J'ai du mal à mettre en scène des personnages qui n'ont pas mauvaise conscience. Moi-même je regrette souvent. Cela n'a rien de chrétien, parce que je ne me sens pas marqué par la religion, mais le fait est qu'il y a toujours chez mes personnages une espèce de mauvaise conscience, et pourtant on ne peut pas dire qu'il y ait de faute véritable. J'ai beaucoup lu Kafka... Quant au non-dit, c'est parce que je suis empêché de dire. Là c'est plutôt Beckett. Il y a beaucoup de choses que je répugne à dire. Je n'aime pas raconter, je n'aime pas expliquer. J'aime bien parler, mais plutôt pour ne rien dire ! C'est vrai que j'ai tendance à rester toujours dans l'allusion, à dire les choses en creux. Je n'aime pas les romans dans lesquels il y a trop de passages didactiques, c'est une sorte d'écoeurement chez moi. Dans un de mes prochains livres, il y aura sans doute beaucoup de choses en creux. C'est-à-dire que ce qui sera dit ne sera pas forcément l'essentiel, ou que l'essentiel sera ce qui ne sera pas dit...
Dans Chroniques, vous avez placé des alinéas en cours de phrase, comme pour laisser la place au silence. Est-ce un " procédé " qui s'est imposé de lui-même ? Ce livre s'est écrit très vite, en cinq mois environ. Il y a beaucoup de choses qui se sont mises en place toutes seules, comme ces retours à la ligne. C'est une question de rythme. J'ai adopté ce procédé comme une forme de ponctuation pour ce texte qui flirte avec la poésie. En fait, cela me permettait de construire mes phrases autrement, et qu'elles restent malgré tout lisibles. J'avais besoin d'une nouvelle liberté.
Vous avez trouvé votre forme de liberté dans la phrase... Pour ce livre-là. Ce n'est pas un procédé qui sera nécessairement repris par la suite ; ou s'il l'est, ce sera d'une manière différente. Je ne veux pas me créer un langage définitif. Il est clair que le prochain livre qu'on voudra bien publier de moi sera écrit dans une autre langue. La langue, me semble-t-il, c'est le livre qui doit la faire. J'ai fait beaucoup de théâtre amateur, pendant vingt ans. Quand j'écris, je retrouve un peu le travail du comédien. Je rentre dans un rôle qui n'est pas le même d'un livre à l'autre. Je m'ennuierais sinon, je crois. Quand j'explique à mes élèves (Philippe Annocque enseigne en collège, ndlr) les fonctions grammaticales d'un mot, je leur dis : à l'école, ta fonction c'est d'être élève ; quand tu vas dans une boutique de jeux vidéo, tu es client. Un client, un élève, ce sont deux fonctions différentes. La vie nous met dans des postures différentes, et chaque livre aussi. Il y a bien sûr une dimension de plaisir aussi. Celui de changer de partition, de rôle à chaque fois. Le sujet génère la langue, et le livre se crée ; j'obéis à ce qui s'est cristallisé de cette manière-là. J'obéis à une sorte de cahier des charges qui se fait tout seul au départ. L'auteur des Chroniques n'est pas le même que celui d'Une affaire de regard. C'est quelque chose que je revendique.
Avez-vous songé à écrire sous des pseudonymes ? Oui, j'ai été tenté de le faire. Mais, d'abord, le fait que je sois tout à fait inconnu rend la chose un peu inutile... et puis signer des livres très différents du même nom, c'est une manière de dire que je suis aussi un auteur différent à chaque fois. D'ailleurs, il y a une chose qui m'amuse beaucoup, c'est la rubrique " Du même auteur " placée en début de livre. On donne cette indication pour simplifier les choses au lecteur, mais il y a là, à mon sens, quelque chose de faux. Depuis que Melville éditeur a accepté de publier les Chroniques, je ne suis plus l'auteur de ce livre-là. Ceci dit, écrire pour moi ne sera jamais un exercice de style. Je suis là pour faire ce qui me plaît. C'est d'ailleurs ma seule garantie. Quand j'écris un livre, j'écris le livre que j'aurais envie de lire à ce moment-là.
Chroniques imaginaires de la mort vive Philippe Annocque Melville éditeur 112 pages, 18 e
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| vendredi 19 octobre 2007, a 10:46 |
| UN EXCELLENT POLAR |
"Saint-Etienne - Santiago", un roman autour des législatives La campagne des élections régionales de 2004 à Saint-Etienne sert de toile de fond au 2e polar de l'auteur stéphanois Jean-Louis Nogaro. Après "Un bon flic, c'est comme de la soie", paru en 2006 aux éditions Chloé des Lys, on retrouve le personnage du capitaine Séverine pour une enquête teintée de politique. (08/06/2007)
Résumé
Septembre 1973, à Santiago, pendant le coup d'état de Pinochet, deux étudiants stéphanois aident les services secrets chiliens à traquer les opposants. 31 ans plus tard, l'un d'eux est candidat d'extrême droite aux élections régionales à Saint-Etienne, mais ses aventures de jeunesse remontent à la surface. Qui menace de révéler son passé? Quel lien y a-t-il avec l'assassinat d'une vieille dame et de son fils? Pour quelles raisons le sort s'acharne-t-il sur un brocanteur sans histoire? Le capitaine Séverine et son équipe tentent de dénouer les fils de cette affaire, alors que la campagne électorale bat son plein.
Saint-Etienne – Santiago est le 1er titre publié dans la collection "polars en région" des éditions Ravet-Anceau.
Saint-Etienne - Santiago Auteur: Jean-Louis Nogaro 224 pages Prix de vente public: 10 €
Diffusion : Edilarge (Ouest-France) En vente en librairies, grandes surfaces et sur Internet www.ravet-anceau.fr |
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| samedi 31 mars 2007, a 22:37 |
| VAGUE DE POLARS A VILLEFRANCHE |
17 et 18 mars 2007, Vague des livres de Villefranche sur Saône :
Rencontre avec des auteurs de polar que je vous invite à découvrir :
Serge-Yves Ruquet, qui présente Frères d'armes aux éd. Jigal http://www.polarnoir.fr/auteur.php?auteur=r5
Jean-Louis Nogaro, stéphanois - http://jeanlouisnogaro.zeblog.com/c-general : Un bon flic c'est comme de la soie
Jean-Louis Minot, caladois, auteur de La Serpette, histoire locale, et il y avait aussi, très sympa, mais elle n'écrit pas de polars, Frédérique Traverso (lyonnaise, auteur entre autres de Les voyoutes, chez Grasset).
Jean-Louis Nogaro a aimé "Le Sang des Pierres".
Lisez sa critique sur http://jeanlouisnogaro.zeblog.com/c-mes-lectures
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| vendredi 26 janvier 2007, a 10:21 |
| Ode aux plasticiens |
Ces sculpteurs de matière dont on ne parle guère...
Ils n’ont pas le succès
Chevillé au corps
Ni sur une épargne vie
D’argent qui dort
Ils ne vendent pas leur talent
Au plus offrant
Ils tirent leurs rêves cabossés
Dans les rues de l’adversité
Sans oublier de saluer avec audace
Le temps qui passe
Ils n’aiment pas plus que toi
La faim le froid
La liberté ça a un prix
Disent les revêches
Un vrai créateur se nourrit
D’art et d’eau fraîche
Dans les médias ils sont absents
Pas de réseau
Pas de découvreurs de talents
Dans les journaux
Peut-être qu’en montant à Paris
Faire le beau… ?
Ils tirent leurs rêves cabossés
Dans les rues de l’adversité
Sans oublier de saluer avec audace
Le temps qui passe
Ils ne sont pas intermittents
Du spectacle
Et décrocher le 1%
Tient du miracle
Les factures dues par l’État
Traînent des mois
Leurs ateliers sont mal chauffés
Pour le folklore
C’est pas plus mal ça fait rêver
Les gens adorent
Les artistes sans un kopek
C’est pittoresque
Ils ont fait le choix de leur art
Ou le contraire
Ils voudraient la reconnaissance
Pas la galère
Ils sont en quête perpétuelle
D’un nouveau ciel
Ils tirent leurs rêves cabossés
Dans les rues de l’adversité
Sans oublier de saluer avec audace
Le temps qui passe
Sylvie Callet
lien : site sculpture
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| jeudi 13 juillet 2006, a 17:07 |
| LE SANG DES PIERRES |
Un roman intimiste bâti comme un thriller
LE SANG DES PIERRES
vu par un lecteur :
Après avoir publié un premier roman, Patin-Coufin, qu’elle qualifie elle-même de livre « léger comme un rosé de Provence », Sylvie Callet, caladoise d’adoption et animatrice d’ateliers d’écriture à visée littéraire et professionnelle, récidive avec un nouveau roman plus sombre et plus abouti : Le Sang des Pierres, paru aux éditions Les Presses du Midi.
Cet ouvrage a été récemment présenté au salon de Lyon-Bellecour, « Place aux livres », où il a reçu un très bon accueil.
L’histoire
Dans Le Sang des Pierres, un roman intimiste bâti comme un thriller, un couple en mal d’amour, sans enfant et quarantenaire, croise un jeune homme de vingt ans à la recherche de son père. Au fil des rencontres entre les trois personnages, l’ambiance se fait tendue, oppressante, à l’instar de l’atmosphère étouffante du village encaissé en fond de vallée qui sert de toile de fond aux protagonistes.
L’écriture
Du tableau de ces « petites gens »- qui sont les véritables héros du livre - décrits avec subtilité et tendresse, aux descriptions empreintes de poésie de la montagne toute proche, l’auteur nous offre un voyage passionnant dans les profondeurs de l’âme humaine, sans négliger de rendre hommage à la puissance de Dame Nature.
Et, malgré le côté gris-amer de l’œuvre, ce n’est sûrement pas un hasard si Le Sang des Pierres se clôt sur le mot « bonheur » !
Extrait de quatrième de couverture :
"Dans un petit bourg lové en fond de vallée, un couple à la dérive croise un étrange jeune homme en quête d'identité. Qui est l'inconnu ? Que cherche-t-il ?
Non loin, au coeur des pierres, la rivière affolée mugit avant de disparaître, avalée par les ombres..."
Sylvie Callet, auteure d'un recueil de poèmes et d'un premier roman ("Patin-Coufin", éd. Presses du Midi) publie ici son second livre qui a pour cadre les contreforts du Jura. Avec un art consommé de l'intrigue, elle compose une histoire douce-amère dans une langue empreinte de poésie.
Couverture d'après une sculpture en pierre de Buxy de Jean-Michel Debilly (http://ombrelumiere.blog.mongenie.com)
Vous pouvez trouver ce livre en rayon ou sur commande dans votre librairie habituelle - en rayon à Lyon librairies Terre des livres (rue de Marseille) et Gibert Joseph, ou par internet sur les sites www.fnac.fr , www.alapage.fr, www.amazon.fr etc., dans les librairies Decitre ou directement sur www.lespressesdumidi.fr
Jean-Louis Nogaro, auteur de polars, a aimé "Le Sang des Pierres".
Lisez sa critique sur http://jeanlouisnogaro.zeblog.com/c-mes-lectures
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| vendredi 09 juin 2006, a 15:55 |
| PAROLES DE NOUNOUS |
PAROLES DE NOUNOUS
sur commande au Relais d'Assistantes Maternelles de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône (04.74.62.83.45)
Les assistantes maternelles présentent : « L’atelier d’écriture » :
"Quand, au Relais, l’atelier d’écriture a été proposé à notre groupe d’assistantes maternelles, certaines d’entre nous s’y sont inscrites spontanément parce qu’elles avaient déjà l’habitude d’écrire, de tenir un journal, ou simplement par plaisir. D’autres ont hésité par crainte de ne pas savoir s’exprimer par écrit, ou par peur du jugement. L’enjeu de cet atelier : produire un recueil de textes illustrant la pratique de notre métier. Lors de la séance de présentation, l’animatrice nous a expliqué en quoi consisteraient les séances, leur déroulement : en atelier d’écriture, on écrit seule ou en sous-groupe, souvent à partir d’extraits de textes littéraires lus ensemble, en suivant les consignes données par l’animatrice. Ensuite, chacune (ou chaque sous-groupe) lit son texte à haute voix, et on échange, on dialogue autour de chaque écrit, sans jamais se focaliser sur les fautes d’orthographe ou de grammaire, qui importent peu dans un premier temps. Tout jugement de valeur est banni.
Il est quelquefois difficile de lire son texte devant les autres, de maîtriser ses émotions, de parler de sujets délicats ou personnels. Finalement, chacune a pu s’exprimer librement et apprécier l’écoute et la compréhension de ses collègues.
Lors de l’atelier, différents thèmes ont été abordés, ainsi que différentes formes d’écriture (récit autobiographique, poème, alphabet, textes courts ludiques, textes écrits d’un point de vue différent ou en plusieurs étapes…) La formatrice, très à l’écoute, a su nous guider et mettre nos textes en valeur.
Si, au début, nous doutions de nos capacités, au final nous sommes impressionnées et même fières du travail accompli en groupe. De plus, les liens entre nous se sont resserrés et nous nous sentons encore plus solidaires d’avoir partagé ces moments intimes.
Merci à Jacqueline JOLIVET, Directrice du Relais d’assistantes maternelles de Villefranche-sur-Saône et à sa collaboratrice, Catherine GIOVAGNONI. "
Extrait de Paroles de Nounous (texte composé en groupe) :
Etre assistante maternelle, c’est…
Aimer les enfants, les écouter, les observer à chaque instant, les surveiller comme du lait sur le feu, les occuper, jouer avec eux, chanter au fil de la journée, câliner les petits, les consoler, les bisouiller, les changer régulièrement, les habiller, les déshabiller, les coiffer, les moucher, soigner leurs petits bobos, aller les chercher à l’école, acheter le pain et les petites brioches, donner des biberons, préparer les repas, couper la viande, aider les enfants à manger, les débarbouiller, les coucher pour la sieste, laver la vaisselle, ranger, balayer, nettoyer la maison, se reposer, souffler quelques instants, lever, goûter, rechanger, rejouer, se promener au parc, préparer les sacs, surveiller l’heure, guetter les parents, terminer la journée pour mieux la recommencer demain.
Sourire, faire preuve de diplomatie, de patience, être en bonne condition physique pour conduire les poussettes, attendre les parents, subir les cris des enfants, entendre leurs « Non », percevoir leurs chagrins, leur fièvre, comprendre leur psychologie, les nourrir de plats simples et variés, intervenir en cas de grosses colères, leur faire faire des activités, des jeux, des travaux manuels, les sortir au parc, au Relais, à la ludothèque, leur faire des biberons, vivre sereinement les séparations quotidiennes, apprendre à dire les mots magiques (merci, s’il te plaît), entretenir la maison pour qu’elle soit toujours propre et accueillante, être à l’écoute des enfants et des parents.
Animations, actus culturelles et ateliers d'écriture dans la région caladoise (Villefranche-sur-Saône) : http://lepapyrus.free.fr |
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| vendredi 09 juin 2006, a 15:51 |
| PATIN-COUFIN |
Léger comme un rosé de Provence, pétillant comme du Champagne frais
Extrait de quatrième de couverture :
"Pélagie Marceau, née Carlin, vit seule dans sa maison de Capoulède, en Provence. Bien qu'affaiblie par la maladie, cette dynamique veuve septuagénaire ne s'en laisse pas conter.
Soutenue par son vieil ami Lili, elle affronte avec humour les aléas du quotidien. Mais tout n'est pas rose : l'animosité de sa fille lui pèse, et son passé la rattrape...
Pélagie saura-t-elle confier à la jeune femme le lourd secret qui la ronge, et retrouver ainsi la confiance perdue ?
"Patin-Coufin", un roman acide et tendre à lire "avé l'assent du Sud".
sur commande (librairies, Fnac, Amazon etc. ou sur www.lespressesdumidi.fr)
1 commentaire lecteur
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Patin-coufin Un livre de Sylvie Callet |  | GENRE Romans - Littérature |  |
RECOMMANDE PAR... Sophie RENARD (Lyon) |  | SON COMMENTAIRE | | "J'ai aimé Patin-Coufin, une promenade ensoleillée et pleine d'humour sur les chemins de Provence en compagnie de Pélagie, pétulante septuagénaire. Un roman léger qui se lit facilement et avec grand plaisir." |  | POUR...
| A tous, et plus particulièrement aux femmes de 14 à 104 ans ! |
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| lundi 05 juin 2006, a 19:17 |
| ATELIERS D'ECRITURE EN MAISON D'ARRET - QUESTIONS REPONSES |
Questions posées par un étudiant de Jussieu (mai 2007)
- Qu'est-ce qui vous a poussé à animer des ateliers d'écriture en prison? - Quels sont les principaux thèmes des écrits des détenus ? - Pensez-vous qu'écrire leur permette de retrouver un sentiment de liberté, incompatible avec l'univers carcéral? - Est-ce que ces ateliers peuvent aider à la réinsertion de certains détenus?
Mes réponses
1) Les univers « parallèles » desquels il est difficile de sortir, mais dans lesquels il est également difficile d’entrer ( !) m’ont toujours attirée. J’ai envie d’aller voir ce qu’il y a derrière le mur. Et de vérifier mon hypothèse : à savoir que, derrière le mur, il y a des gens comme vous et moi, ou du moins, pas très différents. J’ai été frappée, lorsque les détenus écrivaient sur leur enfance, de constater à quel point leurs souvenirs ressemblaient aux miens.
2) L’atelier d’écriture que j’ai animé en maison d’arrêt (en ce moment j’interviens dans le quartier des mineurs pour les sensibiliser à la lecture de romans et leur permettre d’emprunter des livres puis d’en parler ensuite, mais c’est une activité un peu différente) avait pour thème l’autobiographie. J’animais avec des majeurs (hommes), et c’est moi qui avais choisi le thème, que je trouve toujours très porteur en atelier – un thème qu’on m’avait fortement déconseillé, en me disant que ça n’allait pas marcher. Mais j’ai tenu bon. Et les détenus ont joué le jeu, dès lors qu’ils ont compris que l’atelier était un lieu de respect et d’échange, et que chacun n’écrivait que ce qu’il avait envie de livrer. En tant qu’animatrice d’ateliers d’écriture (puisque je procédais exactement de la même façon que dans un atelier d’écriture « extérieur») c’est moi qui proposais des thèmes d’écriture (axés sur l’enfance, le rapport à la mère, les passions, l’amitié, les moments de la vie où tout bascule, la notion de liberté etc.). Ensuite, chaque participant lisait son texte à voix haute, on discutait autour du texte – sans être jamais dans le jugement de valeur ou dans l’approche scolaire. Dès que je rentrais à la maison, je mettais leurs textes au propre sur ordinateur et je les leur ramenais la séance suivante afin qu’ils aient accès à l’objet « abouti ».
3) Écrire permet en tout cas de se retrouver, soi – ce n’est pas si facile, surtout en prison. Et peut-être de revaloriser un peu l’image qu’on a de soi (« je suis capable d’écrire, j’ai vécu des choses intéressantes, qui intéressent quelqu’un, je suis capable de créer, personne ne censure ce que j’écris, personne ne juge ce que j’écris, ma pensée, mes sentiments m’appartiennent »)
Je pense que toute activité créative est un espace de liberté (et le fait de sortir de sa cellule, de se retrouver pendant deux heures « ailleurs » dans tous les sens du terme, de rire souvent – j’ai eu la chance d’avoir un participant qui possédait un grand sens de l’humour et tournait en dérision, à travers ses textes et ses réflexions, le quotidien un peu glauque de la prison – n’était pas négligeable pour les détenus).
En fin d’atelier, j’ai constitué un recueil de leurs textes dont tous les « écrivants » étaient très fiers – à juste titre. À part l’orthographe et un peu de syntaxe, je n’ai rien changé à leurs écrits, très émouvants.
Plusieurs lectures publiques (montage de ces textes) ont eu lieu ensuite à Lyon et Villefranche.
4) Je pense que tout ce qui permet de retrouver le respect de soi - en étant fier de ce qu’on a accompli, par exemple - peut aider à se réinsérer.
Mon souhait serait maintenant d’animer un atelier d’écriture avec des surveillants de prison, car je pense qu’eux aussi ont beaucoup de choses à exprimer, et qu’ils exercent une profession difficile (conditions de travail périlleuses, horaires contraignants et mauvaise image auprès de la population).
Ateliers d'écriture en prison (janvier à avril 2005) animés par Sylvie Callet :
Dans le recueil "L'autre chemin", les "majeurs" racontent, se racontent...
Quelques extraits des textes écrits en atelier :
j’ai été… je suis
J’ai été une fourmi parmi les fourmis
Je suis une plume accrochée à un boulet
J’ai été le plus petit parmi les grands
Je suis l’aigle dans le vent
Je crois à Dieu ses anges ses prophéties et aux démons
Je suis l’abeille butinant le pollen
J’ai été un pilier qui soutient la famille
Je suis le lièvre dans son terrier
J’ai été un dragon sans flammes ni ailes
Je suis un singe en cage
J’ai été un papillon flottant dans les airs
Je suis un paresseux fatigué
J’ai été vapeur pour devenir solide
Je suis la mante religieuse mangeant sa proie
J’ai été et je reviendrai
Je suis moi.
B.
J’ai été dans les étoiles
Je suis timide mais sans plus
J’ai été mis en prison
Je suis bavard quand je suis ivre
Je crois à l’envie de s’en sortir
Je suis une étoile parmi tant d’autres
J’ai été un nom, maintenant je suis un numéro
Je suis rebelle quand on me cherche
J’ai été esclave de ma solitude
Je suis ma route en suivant mon destin
J’ai été à la plage en train de bronzer
J’ai été une voiture à ne plus s’arrêter
J’ai été une pièce vivante de mon enfance
Je suis un rempart parmi les murailles.
A.
UN LIEU où J'AI DORMI
La Cave
On ouvre la porte avec une poignée glacée et fragilisée par les va-et-vient. La porte est en bois et pas trop solide, on a dû la remplacer plusieurs fois. L’obscurité est énorme. On doit laisser la porte bien ouverte pour ramener la lumière du hall. On ne peut pas faire un pas de plus, avec tout ce bric à brac qui n’a jamais servi et que personne n’a même jamais vu. Sur tout cela un grand matelas rembourré pour cacher le tout. Un lourd sommeil m’atteint.
N.
SOLITUDE
La nuit
C’était la première fois que j’entrais en prison. Pendant deux mois j’ai eu l’impression que c’était un rêve. L’angoisse me prenait souvent dans la journée, je n’arrivais pas à supporter cette pression. Je ne sais même pas comment j’ai fait pour supporter tout ça.
Mais ce qui est le plus dur en prison, c’est qu’il n’y a personne pour te dire comment faire, parce qu’ici on n’a pas le droit d’être faible. Il y a la nuit, ça m’angoisse, je n’ai toujours pas compris pourquoi ça m’angoissait.
Je ne dors presque jamais la nuit, j’ai une boule à l’estomac qui m’empêche de dormir. C’est la merde, quoi.
Envie d'en savoir plus sur les ateliers d'écriture ? Rendez-vous sur http://lepapyrus.free.fr
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| vendredi 02 juin 2006, a 12:14 |
| JEUX DE COUPLES |
"Jeux de Couples" recueil de poèmes égrillards concoctés par Sylvie Callet et illustrés avec malice par John Gillham, peintre australien, retrace sous des angles différents et à 10 reprises la même scène.
80 exemplaires numérotés ont été édités à compte d'auteur, et sont désormais épuisés. Si vous êtes éditeur et intéressé par la publication d'un tel ouvrage (textes + dessins) - à compte d'éditeur - merci de nous le faire savoir en adressant un message à cabinet-le-papyrus@wanadoo.fr
Un petit aperçu "culinaire" de la chose !
Charlotte et Baba
Œil noisette et peau rouge tomate en cuisine Charlotte se hâte
A rendez-vous près du passe-plats avec le maître queux Baba
Bonjour cuistot ! Elle lui tend ses lèvres veloutées disant :
- J’ai une crêpe dans mon panier qui n’demande qu’à être fourrée !
Mais l’homme tout chocolat répond : j’en suis honoré mais c’est non
J’ai le saucisson en salade, les pets de nonne en marmelade
Charlotte est comme deux ronds de flan : - Voilà c’ que c’est d’être gourmand
Comment se nomme le boudin noir qui t’a transformé en passoire ?
- C’est Groseille ou alors Melba, confesse amèrement Baba
La Belle Hélène ou… Honoré. Du coup Charlotte est écœurée
- Tu n’es qu’un vulgaire gâte-sauce, crie la belle, moi je l’ai dans l’os Que ta réputation s’effrite si j’ai la galette trop cuite
Puis Charlotte se ramollit (l’homme fait son beurre dans son boui-boui)
Pardonne-moi beau gargotier, le poivre m’est monté au nez
L’homme en a par-dessus la toque : j’en ai assez, parole de coq,
De l’auberge du cul tourné, va pendre ailleurs ton tablier
Le cœur de Charlotte est en miettes. Un cordon bleu voit la coquette
Lui propose caviar et champagne dans son restaurant de campagne
Elle change alors de crémerie et déballe tout son frichti
En ôtant sa robe des champs pour chauffer à point son amant.
Moralité
« Peu importe le marmiton quand on aime le saucisson. »
Sylvie Callet
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| Présentation |  Sylvie Callet, écrivain, est également formatrice aux écrits professionnels et animatrice d'ateliers d'écriture créative dans la région Rhône-Alpes, dans le Var et à Paris ( organismes de formation publics et privés, association Ecriture & Papyrus).
Elle intervient sur des sites divers : prisons, hôpitaux, établissements scolaires, institutions pour personnes âgées, centres de formation...
Vous retrouverez dans ce blog sa bibliographie, les recueils réalisés lors d'ateliers d'écriture créative et ses coups de coeur en matière de littérature, d'art... ainsi que l'annonce d'ateliers d'écriture organisés par l'association
"Ecriture & Papyrus"
(http://lepapyrus.free.fr/) dont elle est la fondatrice.
POLAR
Paru en septembre 2009
UN PETIT JAUNE
éd. Les Presses du Midi
RECUEIL
Paru en septembre 2008 :
LES MOTS DERRIERE LES MURS,
De la lecture des mineurs et de la prison
éd. Presses du midi
ROMANS
Paru en novembre 07 ": Gentille Alouette" éd. Presses du Midi.
Paru en juillet 06 : "Le Sang des Pierres" éd. Presses du Midi (voir article dans ce blog).
Paru en août 05 : "Patin-Coufin" éd. Presses du Midi (voir article dans ce blog).
FORMATIONS PROFESSIONNELLES
Formations professionnelles animées par Sylvie Callet :
"Rédiger le compte rendu"- "Rédiger le courrier administratif" - "Acquérir les techniques de prise de notes" - "La qualité des écrits professionnels" - "Les écrits professionnels dans le secteur social et médico-social".
Ecriture et Papyrus propose de nombreux autres stages "à la carte" et bénéficie d'un réseau d'animateurs d'ateliers d'écriture qualifiés et compétents. N'hésitez à nous contacter : cabinet-le-papyrus@orange.fr
Envoyer un mail à l'auteur | |
| commentaire(s) | PATIN-COUFIN literatatuuraire.punt.nl (19/09/2006 05:10)interessant! je cher... PATIN-COUFIN Carole Hun (21/06/2006 08:34)ça se déguste comme ... |
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